Notre campagne vit (mi-français, mi saintongeais)

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Notre campagne vit (mi-français, mi saintongeais)

Ah noutre campagne qui, cha jhour, vit au rythme de l’ouvrajhe dans les champs et dans les vegnes. L’ouvrajhe est dur à tout moument de l’annàie. Les uns dans un coin, les autres dans un autre.

Çheu-çhi n’est pas ine corse.

  • Qui se lève le prmàe pour voir le soulall se lever depuis l’assiall de son engin ?

 

  • Qui est le darnàe, dans les chanps ou dans les vignes, à observer les premières étoeles du ciàu nocturne ?

Si lés travallour passionnés et/ou oubllijhai font ce qu’ils font, ce n’est pas grâce aux ajhide publiques. Nos chers travailleurs sont avant tout des passionnés obligés d’alàe guetter les premiers rae de soleil à l’aube ou de se repérer grâce aux étoiles pour ne pas s’écartàe sur le chemin du retor après ine dure jhornàe de labeurs.

N’oublions pas lés afiour.

Tout le monde est den le maeme panier. Lés avea de la météo renforcent l’idée que thiélés travailleurs méritant in éntéràet certain. Sen ouvrajhe de la tére, il n’y aurait pas de pén su la tablle sans en avoer su la pllanche.

Marci à vous, gens de la tére, qui pr désinfecter noutre gousàe, nous vendant de succulents liquides. Que dire des mets somptueux préparés avéc la sueùr de voutre frunt ? Vous souffrez pr noutre pllési.

 

Au loin, jh’entendont in brut de moteur. Non, ce n’est pas le vieù boulanjhàe qui vat de village en village, de lieu-dit en lieu-dit. C’est une gamiounéte qui s’araete sur la pllace du bourc.

Pizzas, plats exotiques, jus d’orange ou boîte de thon, oussi dés livres car la culture à foison.

Sen les noumàe, ils se reconnaîtront, ces OVNIS débarquent.

 

  • Ce soir jhe va à Saintes ou à Cougna (choisissez voutre aboutance) prendre ine pizza.

 

  • Oh non, il me faut un litre de lét pr tarmàe mun boun gatea et je dois alàe à Matha ou à Saint-Jean (idem, une destination quancunque).

 

  • J’ai coume ine p’tite envie de pllat exotique mais faut que j’aille à Niort ou à Angoulême (pareil, allez sur Google Maps et choesisséz au hasard).

 

 

Plus la raletai de voutre envie ét grande, plus vous irez de novea den dés vile qui vous ont inconnues et où l’on parle in parlanjhe étranjhàe. Dois-je agrichàe mun passeport ? Plus l’envie est grande, plus vous ferez dés çhilométre pi dés çhilométre pi dés çhilométre su le chemin.

Den noutre campagne, ces OVNIS se posent et la préciotai est trop grande pr ne pas alàe à leûs rencuntre.

 

  • Une cagouille, un poulet-chorizo, une reine.
  • Porc caramel, poulet curry vert.
  • In jhigot d’agna, in. Pi deùs trenche de jhanbun, deux. Allez ma p’tite dame, in bea soussiçun pr (biiiiiiiiip) €.
  • La boîte de thon c’est vendu par 3. Je vous les mets quand même ?

 

Mais ces extraterrestres parlent noutre parlanjhe. Whaou, i nous émitant super bien. I s’adounant parmi nous pi personnellement je ne suis pas contre. A la cuntrére, notre campagne vit.

In petit de foulie den noutre campagne et pr le bouneùr de travallour exténués, de ruraux qui ne peuvent véyajhàe, l’envie de counétre thiélés extraterrestres ou simplement d’avoer un peu de cunpagnàie. Jhe leûs ofre la bénvenue.

Jhe suis ouvert à trtoutes propositions thyi visent à animer noutre béle campagne qui veut être découverte ou redécouverte et je serais in dés anbassadour de thiélés thyi font vivre noutre campagne.

Pr vous aût’, amis, pauvres et malandrins, travailleurs de la terre, artisans à la recherche de quelques sous, associations culturelles et/ou folkloriques qui ne veulent pas mourir et tous les autres, aussi les patoisants et autres acteurs culturels locaux, je ne puis oublier personne, je vous dis un seul mot, le cœur sur la main. Marci !!!

Chronique : Ciril le courlitous !