La faère de Saintes

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La faère de Saintes

L’drole dau Buriaud

C’est pas l’Subiet mais ô l’est aussi pour les bons bitons et les bounes bitounes des Chérentes et dau Poétou

 

La faère de Saintes est une de ses faères où tout le munde se fait beau pour l’occasion.

Tous les 1er lundi de cha moes, le père, la mère, les droles quand ils n’ont pas écoule et la memae passent leur tantot au milieu de stands où l’on peut tout achetàe. Tous les environs vont à la faère de Saintes. On commence généralement la faère par le début vers le cinéma Olympia, on remonte toute l’alàie Gambetta. On traverse le punt Palissy en prenant toute la largeur et on remonte le cours National jhusqu’a la Banque de France.

On remonte en regardant les différents postes à noutre droéte puis on redescend en regardant ce qui se vend sur noutre droéte dans le sens de la descente et qui était sur noùtre guche quand on montait. Normalement, les parents, dans la gaieté qu’est cette faère de Saintes, donnent un billet ou deux aux droles. La veye offre généralement à son jhendre, une bére et aux petits-enfants, ine chocolatine.

Le pepae, lui, est déjà allé à la faère de Saintes. C’était le matin pour acheter quelques poules et des pllants pour le jhardrin, il est bien trop occupé maintenant dans son jhardrin pour y revenir faire un tour.

Toute la petite famelle revient le soer vers 18 heures et c’est déjà l’heure de préparer le souper en songeant aux rencontres qu’on a pu faire le tantot. Ah la faère de Saintes, quelle faère quand même !

 

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Mais maintenant la faère de Saintes est bien amornie et bibllante. Une faère qui peu à peu s’est déclinée d’elle-même et est devenue au jhor d’aneut un bric-à-brac et de broc sans plus ni moins ni même à moitié. Quelques coumérçants résistent encore et toujours aux désaltours qui ne viennent plus à la faère de Saintes. Ces quelques coumérçants représentent pourtant l’âme de cette faère où tous les environs se bousculaient au portillon et même aux balcons.

À qui la fàute ? Ne jetons pas la prmàere piare.

Les faères se dépeuplent d’elles-mêmes au profit de la quemotidai de notre souciétai de cunsoumaciun qui elle-même a besoin de consommateurs fidèles qui sociètent la quemotidai.

Les faères sont les rendez-vous mensuels de notre canpagne. Les faères étaient les réseaux sociaux de nos parents et grands-parents.

Allons aux centres commerciaux acheter des poules ou des lapins ou des canéts ou autre animàu de cour des poules.

  • Boete de 12 petits pipits extra-larges. En plus 100% écolo avec sa boete en cartrun recyclé. C’est tentant.
  • 2 lapins sans myxomatose incluse sinon c’est remboursé mais il faut gardàe le bellét de caisse.

Les faères sont indispensables et rythment la vie de noutre canpagne. Les brocantes, frairies, lotos, bals populaires font partis de noutre canpagne et de nous-mêmes.

À qui la fàute ? Ne jetons pas la prmàere piare mais je voudrais la jeter quand-même.

N’oublions pas d’où nous venons, qui nous sommes et ce que nous sommes devenus. Cela mérite réflexion.

Chronique : Ciril le courlitous !